Précurseur, abbé bouillant à l’humanité incroyable, saint de notre époque, combattant de rue, image du catholicisme social… des personnalités de tous bords saluent l’action de celui qui porta l’espérance des plus démunis pendant plus d’un demi-siècle.

Boris Cyrulnik psychanalyste
« L’homme de la résilience »

Il n’accablait ni ne culpabilisait personne, mais il offrait des solutions. Il a su faire confiance à ses compagnons, considérant que chacun d’entre eux, quel que soit son passé ou ses blessures, était capable de donner même le peu qu’il avait. En ce sens, on peut dire que l’abbé Pierre fut l’homme de la résilience. Avec lui, aucune cause, aucun être humain n’était jamais perdu.

Robert Hossein comédien, metteur en scène
« Je resterai son disciple»

C’était un ami. À chaque fois que nous nous apercevions, nous tombions dans les bras l’un de l’autre. Je l’aimais, je l’admirais et je le respectais. Il était plein d’humilité et de ferveur. Il a mis à la disposition des plus pauvres son âme, son cœur, sa santé, sa vie. Je resterai toujours l’un de ses disciples.

Dominique Wiel prêtre ouvrier à Outreau
« Il me rend fier d’être catho»

Je me souviens des ramassages de ferrailles dans la cour du collège, à Béthune, quand j’étais gamin, en 1954. J’y ai participé avec l’ardeur de mes 17ans. C’était extraordinaire, tout le monde était mobilisé. Je ne savais pas encore que je deviendrai prêtre, mais j’ai été touché par ce curé bouillant. Il a dû connaître une sorte de révélation. Pas eu une apparition, mais une indignation face à la pauvreté. Ensuite, il a pas pu s’empêcher d’aller au bout, en entraînant du monde avec lui. Car sans les chiffonniers d’Emmaüs, il n’aurait pas fait tout ce qu’il a fait. Ce serait une connerie de le mettre sur un piedestal. On essaierait de gommer ses faiblesses, d’oublier son faux pas quand il a soutenu l’écrivain Garaudi. Quoi qu’il en soit, il me rend fière d’être catho.

Albert Jacquard généticien, soutien de Droit au logement
« Lui, il savait voir »

Devant la misère, on est tous aveugle; on s’arrange pour ne pas regarder. Mais lui, il savait voir. Mieux : au lieu de déplorer, il agissait. Alors certains lui reprochent son côté médiatique : pour ma part, je préfère voir l’abbé Pierre utiliser la télé, plutôt que Patrick Le Lay (PDG de TF1, qui admet vendre du «temps de cerveau disponible»). Si aujourd’hui, le Parlement reconnaît le «droit au logement», si ce dernier fait reculer le droit de propriété, c’est au fond un coup de l’abbé! C’est son héritage. Sinon, sa mort, il m’en a encore parlé il y un mois: pour lui, ce devait être une rencontre formidable – LA rencontre.

Stéphane Hessel ex ambassadeur de France à l’ONU
« Une humanité incroyable »

Je me souviens de lui au moment de la mobilisation pour les sans-papiers de l’église Saint-Bernard à Paris, il y a dix ans. Mon épouse et moi y étions très investis. L’abbé Pierre venait nous voir à l’église, il nous encourageait formidablement. Chacun de ses gestes laissait percevoir une humanité incroyable. C’est en grande partie grâce à lui si aujourd’hui le logement figure dans tous les programmes politiques des candidats à la présidentielle, si la mobilisation civique est importante. Par un concours de circonstances, il nous quitte au moment où son message est présent dans tous les esprits.

Enzo Bianchi fondateur de la communauté de Bose
«Il devenait lui-même prière»

Ce qui m’a profondément marqué chez lui, et que j’ai reçu comme un enseignement, tient en trois points essentiels. D’abord, il écoutait le pauvre et le malheureux en se mettant à sa place, à côté de lui. Ensuite, il manifestait un esprit de miséricorde très fort et cela en toute situation. Enfin, il avait une capacité de prière impressionante. Sa prière était toute simple. Ce n’était pas un homme qui priait avec les livres. Mais il se retirait en solitude. Il pouvait rester deux heures en silence, les yeux levés vers le ciel. Toute son attitude exprimait la prière, il devenait lui-même prière.

Jean-Christophe Rufin écrivain et président d’Action contre la faim
« Une figure de l’action humanitaire »

C’est une figure tutélaire, déjà un personnage historique, au même titre qu’Albert Schweitzer, par exemple. Je suis resté comme bloqué à l’Appel de l’hiver 1954. Ses interventions suivantes m’ont toujours paru moins spontanées. C’est lui qui a introduit l’idée qu’une société pouvait à la fois produire de la richesse et de la pauvreté, que celle-ci pouvait être le résultat d’une évolution sociale. L’abbé Pierre pratiquait une ascèse qui s’impose à celui qui opte pour ce type d’action caritative. En cela, il était une figure exemplaire de l’action humanitaire, à contre-pied du fonctionnement un peu bureaucratique des ONG modernes. Un exemple à rappeler aux volontaires qui voudraient les 35 heures à Kaboul…

Rony Brauman président de la fondation MSF
« Une image du catholicisme social »

J’avais beaucoup de respect pour l’abbé Pierre. Son charisme, sa rhétorique très élégante et convaincante m’ont frappé. Ce fut la première utilisation des médias au service d’un objectif de solidarité. C’était un précurseur. Il avait la capacité de s’adresser à la société dans son ensemble et pas seulement à un public spécifique. C’était une voix, une silhouette, une façon d’être très particulière, une figure à part. Il laisse une image du catholicisme social absolument essentielle : un catholicisme audacieux, obstiné, sachant faire avec la société telle qu’elle fonctionne. Pourtant, l’affaire Garaudy m’a heurté. J’y ai vu un refus obstiné et mal placé de rompre une amitié ancienne. Cela reste une tâche.

Cardinal Lustiger, archevêque émérite de Paris
« Il représentait l’espérance»

J’ai présent, dans la mémoire et dans le cœur, la première apparition de l’abbé Pierre. C’était en 1954. À cette époque, la figure de saint Vincent de Paul était redevenue célèbre à travers le film interprété par Pierre Frenay. Quand l’abbé Pierre est apparu, c’était comme si saint Vincent de Paul surgissait à nouveau dans le présent. Ce personnage qu’il a peut-être intuitivement endossé ne l’a jamais quitté. Après les années de la Résistance et de la vie politique, il a été saisi par cette mission auprès des pauvres. Pour les Français, il représentait cette part d’eux-mêmes qui est marquée par l’amour des pauvres, l’espérance de la justice, le témoignage de l’Évangile.

Père Pedro engagé auprès des pauvres à Madagascar
« Il appartient à toute l’humanité »

C’est l’homme qui a osé dire la vérité à une société endormie sur les acquis du progrès. Il a refusé la fatalité de la pauvreté. Il a eu confiance dans la capacité des exclus de se relever dans leur dignité par leurs propres moyens.
Grâce à lui, la charité du Christ a eu droit de cité. L’abbé Pierre, l’homme de Dieu et d’Église, avait quelque chose à dire aux politiciens de tous les bords: qu’un combat contre la pauvreté ne se mène pas par décrets, des lois, des discours, mais avec une présence permanente et un travail concret, avec et au milieu des pauvres! Il a rappelé à l’Église, comme tant d’autres saints dans le passé, son devoir de défendre les pauvres, la classe ouvrière, les sans-abris et tous les exclus.Il représente l’Église ouverte, souple et engagée, mais appartient à toute l’humanité.

Bernard Kouchner fondateur de Médecins sans Frontières,
« Un combattant de rue »

Nous avons perdu un grand combattant, nous avons perdu l’homme de la colère. Je suis vraiment heureux d’avoir, à ma petite mesure, appris la leçon de sa colère, de son illégalité lorsqu’il le fallait, de son ingérence. J’ai tout appris de lui. C’était un homme qui regardait les malheureux. Il m’a appris qu’il n’y avait pas d’autre solution que d’être hors la loi pour changer la loi. Je me souviens de lui à Sarajevo, sortant d’un véhicule blindé, un casque bleu sur la tête. Je me souviens de lui marchant à mes côtés en Normandie alors que nous visitions un foyer Emmaüs. Ou encore de ce repas pris ensemble dans le couvent où il aimait passer du temps. Face à face, en silence. Il était l’image de la bonté permanente. Il y avait chez l’abbé Pierre un contraste entre la bonté et la colère. C’était un homme complet, un combattant de rue. Nous perdons beaucoup. Une page se tourne.»

Marek Halter écrivain
« Son logo, c’était lui-même »

Il est le premier à avoir compris que pour faire passer un message, il fallait un logo. Et il a inventé un logo qui était lui-même, avec son béret et sa pèlerine! Il a renouvelé ce que faisait le prophète Isaïe, qui courait dans les rues en plein hiver à Jérusalem pour se faire entendre.

Frère Alois prieur de Taizé
« Il est allé vers les autres»

Par sa foi et sa prière, l’abbé Pierre a été conduit vers une solidarité constante avec les exclus de la société. Il est allé vers l’autre, parfois les mains vides, et il a compris que même avec peu de moyens, des situations bloquées pouvaient se transformer. Il l’a toujours su : plus que par de nombreuses paroles, c’est par sa propre vie que l’on peut éveiller à Dieu et entraîner aux solidarités humaines. Par toute son existence, l’abbé Pierre a soutenu des jeunes dans leur aspiration à trouver le sens de leur vie en la donnant pour les autres.

Guy Gilbert prêtre-éducateur, «curé des loubards»
«C’était un multiplicateur»

Pour moi, c’était un « multiplicateur » : il réchauffait l’Autre, provoquait chez lui du militantisme, et ainsi de suite. En décembre, j’ai reçu de ses mains la Légion d’honneur ; je me souviens qu’à un gosse de 14 ans, il a donné du courage, et «rendez-vous dans 80 ans».

Père Murphy Supérieur général des franciscains du Bronx
« Il a montré que chacun peut faire le bien »

La Seconde Guerre mondiale avait montré à quel point l’humanité est capable d’abomination, de destruction. Par son appel de 1954, l’abbé Pierre a affirmé une profonde confiance en la bonté du cœur humain, en la part de divin qui existe en chacun. Je retiens son sens de la dignité de la personne. Face aux exclus, beaucoup de gens se disent «tout s’arrangerait si je leur donnais telle ou telle chose». Mais cette pitié-là ne restaure pas la dignité de l’autre. L’abbé Pierre avait compris, et c’est aussi notre intuition, que cette restauration de la dignité se fait en vivant, en travaillant avec l’autre, en l’écoutant, en l’appelant par son prénom…

Jacques Gaillot évêque de Partenia
«En parlant des pauvres, il parlait de Dieu»

L’abbé Pierre m’a appris à voir Dieu dans l’homme. Quand nous nous retrouvions dans des squats, parmi des familles démunies, il me suffisait de voir à quel point il ressentait et portait la souffrance des pauvres, se mettait en colère contre l’injustice, sans grand discours, pour comprendre qu’il me montrait Dieu. Jamais, dans nos conversations, nous ne parlions de théologie, ni du divin, mais des hommes. Un jour, de retour de Madagascar, il m’a raconté sa révolte face à la misère qu’il y avait vue. En l’écoutant, je réalisais qu’il me parlait de Dieu. Depuis, je sais que mon rôle d’évêque n’aurait aucun sens si je ne tentais pas de porter cette espérance des pauvres.

Max Gallo écrivain
«Il fut un cri permanent»

L’abbé Pierre prouve qu’une voix intransigeante, inspirée, obstinée peut être entendue et faire bouger les choses. De 1954 à aujourd’hui il a été une épine dans le confort de notre vie quotidienne. Il a tout le temps crié pour dire «n’oubliez pas!». Ce cri permanent, il l’a imposé dans une société où la voix du témoin est ensevelie. Il est l’image du chrétien fidèle à l’essentiel du christianisme, par la pauvreté, le refus de l’institution, la marge et le témoignage. On a tous un lien personnel avec l’abbé Pierre. Parce qu’on reconnaît toujours en lui celui qui met sa vie en jeu et s’avance dans la nudité du témoin, celui dont la vie se brûle autour d’un thème essentiel.


André Comte-Sponville, philosophe
«N’utilisons pas ce saint pour discréditer les politiques»

J’ai une profonde admiration pour l’abbé Pierre qui est l’un des rares saints de notre époque, mais je suis parfois agacé par l’usage qui est fait de son image. Je trouve que l’on a trop souvent tendance à l’utiliser pour discréditer les hommes politiques en confondant morale et politique. J’espère qu’en ces temps de campagne électorale, nous célèbrerons dignement la mémoire de l’abbé Pierre, sans en profiter pour redonner un coup sur Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et tous les autres. On ne demande pas aux politiques d’être généreux en donnant aux pauvres, mais de bien utiliser l’argent des citoyens qui n’est pas le leurs.

Agnès b Styliste
«L’Église telle qu’elle devrait être»

Je répondais toujours présente quand il m’appelait : au salon Emmaüs chaque année à Paris, comme sur ses actions internationales. Nous avions créé des T-shirts «Vive l’Afrique» pour son travail au Bénin. L’abbé, c’est pour moi l’Église comme elle devrait être : ouverte, tolérante et généreuse.

Jacques Seguela publicitaire, président d’Havas
« Il portait son cœur sur son visage»

Il y a le meilleur et le pire chez les stars des médias. Du vice ou de la vertu, selon l’utilisation qu’on fait de sa célébrité. L’abbé Pierre, c’était le meilleur. Grâce à la force de son message et de sa personnalité, il ne s’est jamais brûlé les ailes au feu des projecteurs médiatiques. Il portait son cœur sur son visage. Il y avait une identification totale entre sa morphologie et son discours. Souvent, on trouve un décalage entre le porte-parole d’une cause humanitaire et cette dernière. Avec l’abbé Pierre, la cohérence était totale.
Plus intimement, il est celui qui m’a le plus donné la fierté d’être un homme. Je ne le connaissais pas personnellement, mais il est de ceux qui m’ont fait comprendre l’importance de la bonté, valeur trop souvent oubliée et méprisée. J’admire ces gens qui donnent leur vie aux autres. Moi, comme une majorité de personnes, je suis tourné vers moi, dans une société de séduction, de strass et de paillettes. Alors à défaut de pouvoir m’identifier à eux, j’ai besoin d’admirer des modèles de vertu qui ne soient ni prédicateurs ni prophètes, qui transcendent les clivages. Je pressens leur utilité. L’explication de la popularité de l’abbé est aussi là.

Jean-Marie Petitclerc salésien de Don Bosco
«Les trois dimensions de la charité»

Lorsque les chrétiens vivent réellement l’Évangile, ils continuent de parler au grand public, notamment aux jeunes. L’abbé Pierre a su incarner les trois dimensions de la charité. Lorsqu’un SDF frappe à sa porte, on lui donne à manger. Puis, on essaye d’aller au-delà d’une action ponctuelle, en proposant une aide durable. Lui a créé les compagnons d’Emmaüs pour permettre aux exclus de se réinsérer. Mais assez rapidement, on se rend compte de la nécessité de donner une dimension politique à la charité. Lui a tenté de combattre pour les droits des exclus, en obtenant notamment le érémi.

Mgr Descubes, archevêque de Rouen, président du conseil pour les questions familiales et sociales
« Ce n’était pas un surhomme»

Il a agi comme un prophète social moderne. Il a su mettre le doigt sur une situation dramatique, et surtout, a amené la société à une prise de conscience jamais observée auparavant.

Jean Vanier fondateur de la communauté de l’arche
«Il incarnait une profonde bonté»

Si l’abbé Pierre demeure l’une des personnes les plus populaires, c’est qu’il incarnait pour le grand public une profonde bonté, comme le signe visible de la présence de Dieu. Que l’on soit chrétien ou athée, que l’on vote Front national ou Arlette Laguiller, de nombreuses personnes ont été touchées par cette immense bonté, qui leur parlait bien au-delà des actions concrètes. L’abbé Pierre s’est engagé en politique dans les années 50 mais il a très tôt senti que les plus pauvres, et plus largement le peuple, avaient besoin de cette bonté. Il révèle cette attente toujours présente dans le cœur des hommes.

Serge Moati cinéaste
« Une voix irremplaçable»

Je ne veux pas être plus ému qu’il ne doit l’être. En mourant, l’abbé Pierre s’en est allé vers une rencontre décisive pour lui, une rencontre avec un ami. Sa disparition, c’est une volonté en moins parmi nous.

Patrick Poivre d’Arvor, journaliste
«Mon parrain de vie»

À deux reprises, lors des décès de mes filles Tiphaine, en 1974, et Solenn, en 1995, il s’est montré très proche. Nous avons ensuite entretenu une correspondance réconfortante. Professionnellement, je me souviens de la première fois où je l’ai interviewé en 1971. J’étais très intimidé, il s’est montré affable, amical. Il y a une quinzaine d’années, il devait participer à une émission que je présentais avec Nicolas Hulot. Au moment de pénétrer sur le plateau, il m’a dit: «Je n’y arriverai pas. Je vais mourir.» Puis, il s’est décidé, a rassemblé ses forces, a lancé un appel pour que l’on change les paroles de La Marseillaise. Il a été mon parrain de vie.

Alex Zanotelli prêtre italien au Kenya
«Un testament pour le forum social mondial »

Pour moi, c’est un père que j’ai perdu. Je l’ai rencontré plusieurs fois en Italie, nous avons échangé sur nos expériences. Il était pour moi un exemple, une inspiration, une manière de vivre. Quand j’ai quitté Nairobi, les gens du ghetto m’ont imposé les mains et ont prié pour que je convertisse la communauté blanche à mon retour en Europe. C’est ce que l’abbé Pierre a essayé de faire toute sa vie. Son testament, je crois que c’est sa passion pour les pauvres. Mais des pauvres, notre système économique actuel en crée de plus en plus. C’est donc une passion pour changer le monde. C’est pour cela que nous sommes ici, rassemblés à Nairobi. Je suis très heureux que ce Forum social mondial se tienne en Afrique: c’est le continent crucifié du monde, c’est là qu’il y a le plus de sans toit, de sans domicile. Pour l’abbé Pierre, ce forum en Afrique était sûrement une bonne nouvelle.

Marie Chaudey journaliste à la vie
«Maintenant, il va falloir devenir grands»

Adieu l’abbé, te voici donc enfin «en grandes vacances» près du bon Dieu, toi qui te disais si impatient de le retrouver. Mais nous, nous avions fini par te croire éternel, assis silencieux dans ta petite maison d’Alfortville, à prier et toujours prêt à tempêter encore contre la mollesse et l’indifférence de nos sociétés aux injustices les plus criantes. À chaque visite, ta vieille carcasse nous apparaissait plus affaiblie, et tu en rajoutais, pour nous faire pencher plus près de ton oreille. Mais dans ton regard, toujours la même colère et la même force impérieuse. Ta main tremblait pour écrire cette lettre à Monsieur et Madame tout le monde qui allait interpeller dans les pages de La Vie tous ceux qui ont un toit sur leurs têtes. Mais quelle rage dans ces quelques lignes. À la sortie de ta maison, nous nous retrouvions toujours sonnés sur le trottoir, à nous demander comment servir au mieux la pertinence de ton discours. Adieu l’abbé, nous sommes aujourd’hui orphelins, comme des millions d’exclus qui perdent un immense apôtre, comme des millions «d’inclus» qui comptaient sur tes indignations pour mieux agir. Il va nous falloir désormais devenir grands.

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Communauté de plus de 60 ans, crée par l'Abbé Pierre, participe a la lutte contre la précarité et joue un rôle environnemental en recyclant ce que vous lui donnez.

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